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SOUS LES PAVÉS, JACQUES ATTALI

Après François Bayrou, Bernard-Henri Lévy et Ségolène Royal, cette fois c’est Jacques Attali qui accepte notre invitation. Le conseiller (occasionnel?) de Sarkozy à rendu ‘son’ rapport de la Commission pour la libération de la croissance française au Président de la République le 27 janvier 2008. Il est donc aujourd’hui le 4e invité de « Sous les pavés… » Une émission à suivre en trois épisodes…

Ci dessous, la première partie. Rencontre des journalistes et ITV face à face

Nous sommes dans la loge maquillage,
avec Emilie Raffoul, de Canal +, responsable de Jeudi Investigation qui est arrivée en retard, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, un peu plus tendu que les autres, mais qui nous réserve des question “pointues”, et Bertrand Delais, journaliste de droite, chroniqueur le midi sur Canal +, un esprit libre un peu entravé par un coude brisé suite à une chute de vélo.
Brièvement, ils nous parlent des enquêtes ou des films qui, au présent, les occupent.

Interview en face à face entre Jacques Attali et John Paul Lepers
L’enfance en Algérie, son père qui, le jour de l’indépendance a « la conscience aigue de ce qu’il fallait partir », l’ENA, ce « concours de beauté », ou la rencontre avec Mitterrand - en boite de nuit, et le mois de mai 1968 qui le surprend, déjà contradictoire, prof à l’X sur le lieu des barricades, et sous-préfet, déjà, « chargé du maintien de l’ordre », dans la Nièvre…

Ci dessous la deuxième partie: L'actualité (Liechstenstein, les enfants et la shoah, le "casse-toi pauvre con!), Sarkozy et Mitterrand...

Les paradis fiscaux : le scandale allemand des comptes au Liechtenstein

La discussion se porte sur l’argent, la morale, la richesse… Pour lui, le scandale allemand révèle cette « verrue sur l’Europe » que constitue les paradis fiscaux. Deux immoralités sont en jeu, nous dit-il : l’immoralité de la pauvreté apparente (on cache une richesse) et l’immoralité de la richesse sale. Il parle de la France, qui est en train de changer, mais où longtemps a régné une « conception française » selon laquelle « le pouvoir est un substitut à l’argent ». Maintenant, développe t-il, c’est une conception « catholique des choses »…
Et puis Jacques Attali tient à le souligner, pour lui, l’argent n’est pas nécessairement sale. La richesse est bienvenue, quand elle se met au service de la lutte contre la pauvreté. A la question « vous êtes riche ? » il répond d’abord philosophiquement : « Ah oui, à bien des points de vue ». Et puis précise : «Je n’ai hérité de rien, j’ai gagné de l’argent, ce que j’ai gagné avec les livres ».

La proposition présidentielle de parrainage d’enfant juif victime de la Shoah par les élèves de CM2

L’ancien conseiller de François Mitterrand se sent « impliqué dans l’histoire du peuple juif » mais ne va pas aux « dîners mondains » (en faisant allusion au dîner du CRIF). Et il avoue : « Quand je l’ai entendu la première fois, j’ai trouvé ça très bien ». « Mais, le fait de ne pas l’avoir préparé à l’avance, de ne pas avoir associé celle qui aurait dû être associé plus que personne (…) Simone Veil me paraît une erreur ‘tactique’ ». Une chose pourtant l’a choquée, le fait que, dans le discours, il était question des enfants juifs ‘français’, sachant qu’il y a « beaucoup plus d’enfants juifs non français que d’enfants juifs français qui ont été lâchement envoyés dans les camps ». Pourquoi que les français ? Au final donc, « une bonne idée affreusement mal présentée, affreusement mal préparée »…
Au passage, il exprime ce regret que, dans notre pays , un vrai travail sur la collaboration n’ai pas eu lieu … Il parle de ce travail de mémoire que nous n’avons pas fait, que les Allemands, les Autrichiens ont fait. Soulignant que les derniers « survivants » vont disparaître…
Et puis forcément, le sujet y mène, il évoque Mitterrand, et donc Bousquet, bien sûr. Un dîner avec Bousquet, bien avant le livre de Péan, et ses révélations, au cours duquel Mitterrand, pour explication, lui souffle : « il a sauvé la vie » à tous ceux qui sont autour de la table…

le « casse toi pauvre con »

Le visionnage (encore, et encore) de la vidéo du Parisien.fr entraîne ce petit monde à parler calmement de l’action et de la majesté, Jacques Attali déplore pourtant la société d’hyper surveillance généralisée qui est devenue la nôtre et pardonne Nicolas Sarkozy, « un ami ». « Pas un ami politique, mais un ami personnel ». On lui demande ce qu’il pense, de la fonction présidentielle qui s’abîme : « Progressivement, l’Etat s’est dissout dans la réalité de la globalisation et donc, le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution… Quel qu’il soit… ».
Pour lui, Nicolas Sarkozy a atteint le but de sa vie et désormais, il s'en cherche un autre... Réformer la France? peut-être, sans doute... Sarkozy, Jacques Attali l'attend : s'il veut agir, pour moderniser le pays, affirmer sa stature de chef d'Etat, c'est simple, une seule fenêtre s'offre à lui : c'est tout de suite, au lendemain des municipales, avant juin 2009, les prochaines élections...
Et pourtant, devant une vidéo de LaTéléLibre (bientôt diffusée dans son ensemble) dans laquelle Michel Onfray parle de Nicolas Sarkozy, l'ex sherpa de Mitterrand dénonce le « très grand danger qui se passe dans Paris, c’est de faire de la politique comme on fait du Shakespeare, c’est-à-dire en examinant seulement le caractère d’un homme… ».
Interrogé sur la mise en avant dans les médias des conseillers du Président de la République, Guéant, Mignon et Guaino, il comprend : « c’est son choix, je comprends qu’il les laisse parler… » . Toutefois, il est très ferme sur un point : « Je comprends très mal, je suis même extrêmement choqué, quand un conseiller dit : c’est moi qui ai écrit un discours, ça, je trouve ça inacceptable ».

Ci dessous, la troisième partie: Le rapport et la "libération de la croissance française", la séquence au bar avec le comparatif Ségo-Sarko

Le rapport Atalli

C'est l’heure de débattre du rapport de la Commission pour la libération de la croissance française. « Pour être correct avec l’histoire, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui me l’a demandé, c’est François Fillon».
Un petit zapping vidéo compilant quelques extraits de la période de réception du rapport, à la fin janvier, parvient enfin à le faire, grimacer, presque sourire : « Vous ne me reprendrez pas en situation de repartir dans le jeu des petites phrases, je l’ai fait une fois, ça suffit, je ne regrette pas de l’avoir fait, mais la parenthèse est fermée.»

Attali essaye de tenir le cap, se défend, explique que son rapport est un rapport «apolitique » « pour le pays».
Il insiste : « Encore une fois, je n’ai pas demandé à faire ce rapport. S’il n’est pas mis en œuvre ce ne sera pas notre échec, ce sera l’échec du pouvoir politique – nous, on a fait notre travail, il faut juger nos propositions sur ce qu’elles sont, et pas sur leur mise en œuvre ».
Guillaume Duval, l’économiste de la bande est malgré tout sans vergogne, et Jacques Attali explique, développe, sans relâche. Taxis, allocations familiales, mobilité sociale, carte scolaire : « La carte scolaire aujourd’hui est une extraordinaire hypocrisie, chacun sait que quand quelqu’un a une sorte de possibilité d’ « initié » pour savoir où mettre ses enfants, il peut le faire, donc la carte scolaire est un paravent devant une inégalité extrêmement profonde (…) deuxièmement la vraie question est de créer les conditions de l’égalité des moyens dont disposent les écoles . »
Les journalistes l’interrogent : un rapport libéral, trop libéral, pas libéral, les blocages français ? Le mal français…
« Le monde évolue vers une économie du savoir, si nous ne faisons pas monter le niveau de savoir, depuis la maternelle jusqu’à la recherche, et surtout en allant trouver tous les talents, où qu’ils soient, à commencer par les quarante pour cent de gamins qui sont au chômage dans les banlieues, le pays va mourir. »
En creux, sans relâche, cet immobilisme politique « depuis 86 » dit Attali. Depuis la première cohabitation « rien n’a été fait ». Et toujours, ce constat : « Je pense que la France dort politiquement, je ne dis pas socialement, ni économiquement, ni culturellement… »
Et Sarkozy, toujours. A un détour, c'est John Paul qui s’exclame mais c’est un gouvernement de droite : « ils vont pas donner de l’argent aux pauvres quand même ! »…

Séquence au bar

Autour d’un verre de blanc, Jacques Attali, qui ne boit pas, dans la vie, et avoue qu’il n’y connaît rien en vin. Il avale une lichette et se confie, sur ceux qu’il admire, sur ces passages dans les bidonvilles lointains, dans le cadre de ses activités avec qui lui permettent, à lui qui se veut si profondément et « extraordinairement désintéressé» de relativiser, et puis Ségolène, qui "sera Présidente de la République", dixit Attali « Pour moi, je n’ai pas le moindre doute là-dessus… Je le pense depuis le premier jour, depuis le jour où elle est entrée dans mon bureau.. »
Et Nicolas Sarkozy, il ne l’est pas donc ?
« Il l’est différemment …elle est un homme …une femme d’Etat « classique » comme on aime en France, c’est à dire qui incarne sérénité, stabilité, une sécurité, elle est…« royale » voilà… Lui, il incarne un homme d’Etat… peut-être du XXIème siècle, on ne sait pas… Mais il ne peut l’être que par la réussite d’une action. S’il n’y a pas de réussite de l’action, il ne sera pas un homme d’Etat ».

Karin Yaniv

SOUS LES PAVÉS, JACQUES ATTALI
Enregistrée au deuxième sous-sol d’Atlantis, le 28 Février 2008, entre 18H30 et 20H00

 

APPEL POUR UN POINT ROUGE LAÏQUE

LATÉLÉLIBRE VOUS CONVIE À UN DÉBAT CITOYEN PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Mardi 19 février 2008

de 17H30 à 18H30

Au centre de la place de la République à Paris

Thème du Point Rouge: la Laïcité, Dieu et notre République

Les nombreuses et récentes déclarations du Président Sarkozy, sur la place et le rôle de Dieu dans notre société, ont suscité des réactions très fortes de simples citoyens et de responsables du monde politique, de droite comme de gauche.

17 personnalités gaullistes, socialistes et centristes, dont Ségolène ROYAL, François BAYROU et Dominique de VILLEPIN ont signé ensemble l’appel du 14 février initié par le journal Marianne « POUR UNE VIGILANCE RÉPUBLICAINE ». Dans cet appel, les signataires réaffirment “leur attachement aux fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante”.

RAPPEL DE DEUX DÉCLARATIONS DE NICOLAS SARKOZY

À la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre dernier, M. Sarkozy avait déclaré : “dans la transmission et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur”.

Au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) le 14 février dernier, il a confirmé sa préférence politique pour une existence de Dieu: “le drame du XXe siècle n’est pas né d’un excès de l’idée de Dieu, mais de sa redoutable absence”

Le Point Rouge de LaTéléLibre est ouvert à tous, responsables politiques et citoyens. Croyants et non-croyants, partisans et opposants au Président de la République. Toute parole pourra être exprimée et discutée.

À mardi, donc.

Merci de faire tourner cet appel!

L’équipe de LaTéléLibre.

SARKOZY SE MOQUE D'ACT UP

Trois militants d’Act up arrêtés lors du discours de Sarkozy alors qu’ils tentaient de protester contre un candidat UMP, condamné pour homophobie, qui se présente aux municipales de Tourcoing

Présent lors du Conseil National de l’UMP samedi dernier, où Nicolas Sarkozy recevait son « ami » Tony Blair je n’avais pas bien compris l’action de quelques militants d’Act up. En plein discours du Président Sarkozy, trois militants énervés s’étaient levés dans les tribunes réservés à la presse, hurlant des slogans inaudibles et brandissant des pancartes pas très lisibles. Vite ceinturés et muselés par le service d’ordre, ils furent évacués de la salle sous les moqueries du Président Français.
Après le meeting j’apprenais que les militants avaient été placés en garde à vue et qu’ils protestaient en fait contre l’investiture par l’UMP du tristement célèbre, Christian Vanneste aux prochaines élections municipales de Tourcoing.

Voici l’histoire : Christian Vanneste déclarait en 2006 que l’homosexualité était « inférieure à l’hétérosexualité », et que si « on la poussait à l’universel », elle serait « dangereuse pour l’humanité ». Ces propos avait valu à Christian Vanneste une condamnation du tribunal correctionnel de Lille pour homophobie, en janvier 2006, peine qui s’était vue confirmée en appel un an plus tard. Nicolas Sarkozy avait à l’époque condamné « fermement », et l’UMP décidé de ne pas investir Vanneste aux législatives. C’est « la plus grande sanction de sa famille politique » avait alors répondu Luc Chatel, porte parole de l’UMP, à ceux qui réclamaient son exclusion pure et simple du parti. Dont acte.
Seulement voilà, c’est bien sous l’étiquette CNI-UMP qu’il s’est présenté dans le Nord en juin dernier. Et plus important, il a gagné. Or le parti, qui ambitionne de ravir au PS la tête de la Communauté Urbaine de Lille, a fait de la prise de la Mairie de Tourcoing un enjeu majeur des municipales dans le Nord. Plus question alors de s’encombrer de l’homophobie du candidat et de la parole donnée, c’est sans complexe que l’UMP choisit Vanneste pour cette mission. Lors du Conseil National de ce week end, c’est sans complexe que Sarkozy lance avec mépris, « ça fait des années qu’ils protestent et ça ne sert à rien », « il n’en ont trouvé que 2, dans un pays de 64 millions d’habitants, y’a plus que ça ! »…

A gauche, la porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée, Aurélie Filippetti se déclare scandalisée. « Il est inadmissible que des responsables politiques condamnés pour des propos homophobes, puissent encore prétendre, dans notre pays, à un mandat politique », et elle poursuit à propos de l’incident qui a eu lieu lors du Conseil National de l’UMP, « je suis extrêmement choquée aussi que le Président de la république ait cru bon d’humilier des militants d’Act up qui l’interpellaient ».

La députée de Moselle s’indigne également de ce que le secrétaire général adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, puisse aujourd’hui louer « les qualités d’homme, les convictions personnelles, l’énergie et la clairvoyance » d’un homophobe avéré, condamné et désavoué par la classe politique. L’argument de Paillé ? « Les électeurs de Tourcoing lui ont renouvelé leur confiance très largement lors des législatives. » Il a été condamné ? « Le juge en matière électorale, ce sont les électeurs. »
Peut être ces derniers l’entendront-ils en mars.

John Paul Lepers, Joseph Hirsch

Images: Bedredine Medjoubi

Montage: Jane Schinasi

LE POINT ROUGE AVEC LES HANDICAPÉS

LE POINT ROUGE AVEC LES HANDICAPÉS DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Tout le monde dit qu'il faut prendre mieux en compte les handicapés. Ca dure depuis des décennies. En fait, globalement tout le monde, sauf bien sûr les intéressés, se fout de ceux qui ont du mal à vivre dans ce monde de valides.

Notre excuse, c'est la pitié, celle qui nous fait donner au Téléthon, on fait une bonne action. Le problème c'est le regard, notre regard, notre honte, notre peur de l'a-normal. Nous sommes infirmes face aux handicapés.

Resultat, on fait très peu parler les personnes handicapées à la télévision. Première raison, et je vais être violent, ce sujet ne fait pas d'audience. Même à LaTéléLibre, ce Point Rouge fera moins de clics...

Faites moi mentir!

JPL

INVITÉS DE CE POINT ROUGE

Patrice Tripoteau: Directeur Nationale des Actions APF
Frederic Tetard: JRI
Nathalie Bellity: Conseillère municipale de Sarcelles PS
Eudoxie Temgoua: Bac+12
François Joël: Administrateur Compagnie Au clair de Lune
Elisabeth Auerbacher: Secretaire nationnale au Handicap du PS

 

Ont participé à la réalisation de cette émission

 

Journaliste: John Paul Lepers
Steady cam: Henry Marquis

Caméra 2: Joseph Haley
Caméra CoolCam: Clément Alline

Coordination: Bertrand Basset
Montage: Anthony Santoro

Merci à Christophe Brunet pour la "Cool Cam"!

Larbi Aarab, Bedredine Medjoubi et Matthieu Martin

Voir les autres Points  Rouge :

Point Rouge n°1 avec François Hollande

Rouge n°2 l’indépendance des journalistes

Rouge n°3 à Bondy “Cétait comment au Bled

Point Rouge n°4 Grève contre la réforme des régimes spéciaux à la SNCF

Rouge N5 avec les mals logés de la rue de la Banque

Rouge n°6 avec les étudiants de Nanterre

Point Rouge n°7 contre la réforme Dati

MOUSS ET HAKIM CHANTENT LES "ORIGINES CONTRÔLÉES"

MUSIQUE

Après Zebda, 100% Collègues et les Motivés, les frères toulousains Mouss et Hakim reviennent avec « Origines contrôlées » un nouveau projet musical aux dimensions historiques puisqu’ils exhument aujourd’hui pas loin de 40 ans de chansons, toutes composées par des artistes algériens exilés en France.

Hommage à la musique des immigrés d'Algérie, en France, pendant les "trente glorieuses".

Des années 40 aux années 80, toute une génération d’artistes aux styles très différents ont chanté le départ et l’absence, l’exil, mais aussi le combat politique et la la solitude . De la variété pure et dure, de la poésie, des rythmes dansants et des mélodies romantiques; leur inspiration a pris des formes très variées, mais tous ont rythmé le quotidien de ces millions d’algériens arrivés sur le sol de France peu après la guerre.
Ces auteurs, de Slimane Azem à Mohamed Mazouni en passant par Matoub Lounès et Cheikh el Hasnaoui, le grand public ne les connaît pas, mais leurs 45 tours font partie intégrante de la culture familiale des algériens de France , de leurs enfants et de leurs petits enfants. On les a longtemps entendus dans les juke box et les scopitones qui trônaient en bonne place dans les cafés ou se retrouvaient le soir et le dimanche les ouvriers émigrés.
Mouss et Hakim, les ont eux aussi entendus tout au long de leur enfance, dans le salon familial, puisque leur père et leur oncle ont engrangé pendant près de 30 ans une collection digne d’un musée de la chanson.
C’est cette mémoire, qu’ils célèbrent aujourd’hui qu’ils sont adultes à leur tour et que les textes de ces chansons prennent enfin tout leur sens.
Un hommage à un merveilleux patrimoine, et à la transmission de ces valeurs universelles que sont la citoyenneté, le courage et la liberté, au delà des générations et des mers, avec tout le talent et la générosité dont les deux frères font preuve depuis bientôt 20 ans.
En avant-première d’une série de concerts qui les promènera dans l’hexagone en 2008, Mouss, Hakim et leur bande d’incroyables musiciens étaient sur la scène du New Morning à Paris le 12 novembre dernier. La Télé Libre y était aussi !

Pour en savoir plus sur le projet « Origines contrôlées » qui est aussi le nom d’un festival et d’une revue :
http://www.origines-controlees.org/

Pour découvrir l’album sorti le 22 octobre dernier et les dates de concert à venir :
http://www.myspace.com/originescontrolees

Nathalie Leruch
Clément Magnin
Joseph Haley
Matthieu Martin
John Paul Lepers
Eric Ferroud-Plattet

LE FILM INTERDIT PAR BATAILLE ET FONTAINE

ENQUÊTE

C’est ce lundi 12 novembre que le juge, après visionnage, devrait décider si le documentaire sur les coulisses de « Y’a que la vérité qui compte », pourra être diffusé.

L’affaire cours depuis deux semaines, et les réalisateurs Oren Nataf et Isabelle Friedmann, ont été contraints, suite à un référé, de retirer leur film du festival des Cahiers du Cinéma ce week end.

Vendredi dernier, un article de Libé donnait la parole à l’avocat des Cahiers Me Jean-François Manigne: «C’est une censure détournée. C’est la télé qui ne se remet pas en question et, sous couvert de droit à l’image, veut faire interdire un documentaire qui lui déplaît».

Pour ce reportage nous avons rencontré les principaux protagonistes ; Anne Chaussebourg, des Cahiers du Cinéma, Oren Nataf, co-réalisateur qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive, et refuse de « rentrer dans la polémique », et de parler de censure, il espère encore un accord à l’amiable.

Côté Bataille et Fontaine, les anciens animateurs de TF1, refusent de se voir dans ce miroir forcément déformant qu’est un documentaire d’auteur. Après avoir déclaré qu’ils ne s’opposeraient pas à sa diffusion, ils ont pris la tête du groupe de journalistes qui invoquent leur droit à l’image pour s’opposer à la diffusion de ce film.

La K7 du doc est arrivée par hasard dans la boite aux lettres de LaTéléLibre...

Dans le reportage, nous vous proposons quelques extraits de « 20 minutes de bonheur », un doc d’1 heure 40 minutes d’images brutes, sans commentaires, plein d’enseignements sur la réalité de la télé d’aujourd’hui, ou plutôt (je cite mes questions) de "la télé de merde", celle qui propose au téléspectateur cette " pornographie de la vie privée ". Bataille (sans Fontaine) a accepté de répondre à mes questions directes.

John Paul Lepers, Joseph Haley, Smaïn Belhadj et Léo Leprislet

NB : Sur le web, circule un montage d'extraits du film où les producteurs évoquent, lors de plusieurs réunions, le trop grand nombre d’homosexuels parmi les invités, et la baisse d’audience qui en serait la conséquence. Si le cynisme des auteurs de ces paroles est évident, les accusations d’homophobie qui ont été proférées, nous semblent abusives quand on visionne le doc en entier. Une raison de plus pour laisser les réalisateurs montrer leur travail…

Un extrait sur ce thème  diffusé par @si, le site de Daniel Scheidermann.

EXCLUSIF SUR LATÉLÉLIBRE : ARCHE DE ZOÉ, PREMIER TÉMOIGNAGE

EXCLUSIF

LaTéléLibre présente le premier témoignage d’une des familles qui attendait un enfant de l'opération dite humanitaire de l' « Arche de Zoé ».

Un témoignage à charge pour l’association, car le couple affirme: "on nous a clairement laissé entendre qu’en payant 1400 euros, nous pourrions garder l’enfant ".

Cécile et Flavian Hervy, habitants à Saint Luce sur Loire, en Loire Atlantique cherchent à adopter un enfant depuis un an et demi. Elle est assistante maternelle et lui colleur d’affiche. Ils déclarent avoir été « recrutés sur un site d’adoption » par l’association « Arche de Zoé ».
Mis en confiance lors d’une réunion à Paris « qui a durée 5 heures », « on s’est dit que c’était humanitaire, pour sauver les enfants, on s’est dit pourquoi pas. Ils (les responsables de l’Arche de Zoé, ndlr) ont joué sur les sentiments des personnes, énormément ! » Dans leur pavillon, ils montrent à l’équipe de LaTéléLibre, la chambre d’enfant, toute neuve, qu’ils ont aménagé pour recevoir « un bébé »...
Les Hervy déclarent également qu’on les a « trompés », et ils envisagent aujourd’hui de « prendre un avocat pour demander des comptes » aux responsables quand ils seront de retour en France. « Ca va chauffer », précisent-ils, en colère.
Jusque là, ils n’avaient pas parlé suite aux « instructions de l’association ». Aujourd’hui, ils s’expriment parce qu’ils craignent d'être mêlés à cette sombre histoire, et perdre ainsi l’agrément des services de l’adoption. « C’est très dur, on risque de tout perdre » concluent-ils.

Reportage signé Karine Yaniv, Larbi Aarab, Matthieu Martin et Anthony Santoro.

Et voici l'article que Karine a écrit après ce reportage, qui a bouleversé toute l’équipe. Un témoignage sensible qui répond a de nombreuses questions qui surgissent après visionnage.

La chambre d’enfant était prête. Attendent encore autour du lit de tout petit, les peluches offertes par les proches - lions, girafes, clichés animaux- d’un continent lointain. L’atterrissage est douloureux, pour le couple de la banlieue nantaise. Depuis ce jeudi 25 octobre où, sur le tarmac de l’aéroport de Vatry, dans la Marne, ils ont attendu en vain l’enfant qui devait leur être confié. Les enfants ne viendront pas, l’opération a capotée. LaTéléLibre les avait déjà rencontré le 26 octobre, devant l’ambassade du Tchad, où ils sont réunis avec une partie des familles dites ‘d’accueil’. Ce jour-là, ils ne veulent pas parler.
Mais depuis ils se sentent menacés, floués, et ils se confient parce qu’ils ont peur de tout perdre.

Qu’elle, elle perde son agrément lui permettant d’exercer son métier d’assistante maternelle. Lui, ouvrier, ne pourrait payer le loyer, avec son seul salaire. Ils perdraient la maison. Que leur tentative déjà amorcée d’obtenir l’agrément d’adoption se retrouve bloquée.
C’est le fantôme d’Outreaux, aussi. Le « trafic d’organes », la « pédophilie », tout ce qu’à dit le président du Tchad et qui a été repris dans la presse. Non, pour eux il est important de dire non, qu’il ne faut pas chercher de ce côté. Aujourd’hui, surtout, ils se sentent victimes d’abus de confiance. Ils voudraient qu’on rapatrie l’équipe en France, pour avoir des réponses. L’argent, il s’agissait d’un don, bien sûr, mais « si on ne payait pas, on n’avait pas d’enfant ». Ils ne roulent pas sur l’or. Ils ont dû faire appel à la famille. A un moment, ils ont été tenté d’en « prendre deux » mais financièrement, ils ne pouvaient pas, déjà qu’ils avaient dû mettre à contribution la famille, pour le premier. Ils se demandent, quand même, tout cet argent… Ils ont fait le calcul. Cela atteindrait le million. Car certaines familles ont donné plus. Ils ont des doutes. Pourtant, ils ne cessent durant tout l’entretien de surveiller leurs mots, parfois, on le sent, ils se rétractent, modèrent l’accusation. Quand on leur demande si on peut aller avec eux voir sur le forum des familles d’accueil, toujours actif, ils refusent.

 

Le Darfour, eux, ils ne connaissaient pas trop.
C’est plutôt ensuite, une fois qu’ils ont commencé à être tenté par l’aventure, qu’ils ont été se renseigner. Ce qu’ils ont trouvé comme information sur cette tragédie n’a fait que confirmer leur envie de dire oui, à cette belle histoire qu’on leur proposait.

 

Ils nous montrent l’album entamé pour l’enfant à venir. On lui parle, à cet enfant déjà chéri qu’on imagine dans la « savane », en train de préparer son départ, quand eux préparent, ici, son arrivée. Comme on raconte le déroulement d’une grossesse à l’enfant à venir, on lui raconte l’espoir, né le jour où ils ont « signé », « envoyé les papiers », et enflant à mesure, avec la convocation à Paris en septembre, la signature du chèque, après un temps de réflexion, le moment où on leur dit que c’est bon, qu’ils auraient un enfant à la première évacuation, et la convocation à Valence. Le père qui tourne les pages est sur le point de pleurer. Les photos cartes postales de Paris, de Valence sont découpées sur les bords comme on fait de la dentelle. Il y a une infinie tendresse, dans les poèmes, l’expression de cette attente. Difficile de penser à mal, de dire que ça a été fait la veille en guise de couverture…

 

De leur récit, se dessine les contours d’une opération montée très vite, trop vite. Se dégage aussi le portrait d’un leader, charismatique, une forte tête. Eric Breteau. Le couple raconte la première réunion, à Paris : tout cela paraissait si solide. Toutes sortes de questions avaient été posées, Eric Breteau avait réponse à tout. La brochure détaillant les compétences de l’équipe d’encadrement aussi les avait bluffé : avocat, commissaire aux comptes, pédopsychiatre, médecin : c’était du solide, sur la plaquette. Tout cela leur paraissait sérieux. Se dégage aussi les contours d’un ensemble composé par les bénévoles de l’Arche de Zoé et la COFOD, ce collectif des familles d’accueil, aux aspirations et aux profils divers, ensemble devenu peut-être au fil des semaines comme une grande tribu portée par un même souffle. Ils racontent Valence, cette deuxième assemblée générale, la veille du départ de la délégation actuellement sous les verrous au Tchad.

 

Alors bien sûr, c’est leur grande naïveté qui frappe, et ils le reconnaissent. Ils n’ont pas tout compris, pas tout cherché à comprendre, tellement ça leur paraissait sérieux, bien ficelé..
Mais ce qu’on saisit aussi c’est qu’il les arrangeait sans doute de ne pas trop chercher à comprendre. Quand on leur demande s’il n’ont pas cherché à contacter d’autres associations plus « officielles », pour vérification, ils bafouillent, avouent qu’ils savaient qu’il y avait bisbille entre l’Arche de Zoé et l’UNICEF. Ou même le Quai d’Orsay. Ils nous montrent les comptes-rendus reçus via le forum courant octobre : récits codés, dans lesquels des membres de l’équipe sur place parlent de ‘gazelles’ et de ‘zèbres’ au lieu de garçons et de filles. Pour échapper aux contrôles des RG, nous expliquent-ils.
De sorte que nous ne pouvons nous empêcher de nous dire qu’en dépit de leur déni, et au-delà de la naïveté, ils présentaient, sans pouvoir se l’imaginer, la dimension illégale de l’aventure. N’étaient-ils pas devenus convaincus qu’il y avait là une autre « manière » d’adopter, risquée, certes, mais jouable, car c’était la guerre, la-bas ? Qu’une fois les enfants transférés en France, ce serait possible, légal, de les ‘garder’ ? Et qu’au final ce serait plus rapide, plus simple, moins cher, qu’en empruntant les chemins dits ‘normaux’ de l’adoption ?

 

« Au moins il aura réussi une chose, c’est d’attirer l’attention sur le Darfour », nous dit ce couple, à un moment, comme dans un nouvel accès de retour à la réalité. Comme comprenant s’être laissés embarquer dans une histoire qui celle-là n’était pas directement la leur. L’histoire peut-être d’un petit noyau d’excités mégalos déterminés à monter une opération médiatique en toute connaissance des risques encourus, dans le but de sauver le monde et de subvertir des règles jugées trop rigides. Pour montrer que tout devrait être plus simple, si d’un côté, il y a, par milliers, des familles en France prêtes à ‘accueillir’ des enfants du Darfour et si, de l’autre, il y a, par milliers, des enfants en détresse au Darfour.
L’équation, cependant, n’est en réalité pas si simple.

Karine Yaniv

LE POINT ROUGE #4 : RÉGIMES SPÉCIAUX SNCF

Un quatrième Point Rouge à l'occasion de la réforme des régimes spéciaux de retraite

QUESTION: Pourquoi la grève?

Les usagers et clients de la SNCF racontent comment ils vivent et ce qu'ils pensent du mouvement de grève des employés de la SNCF. Un syndicaliste de la CFDT intervient vers le milieu de ce débat citoyen enregistré devant la gare Montparnasse à Paris, le lendemain de la grève du 18 octobre.



Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra steady: Henry Marquis
Caméra 2: Matthieu Martin
Caméra 3: Joseph Haley (toutes mes excuses à Joseph pour l'oubli à la fin de l'émission. JPL)
Coordination: Bertrand Basset
Assistant : Larbi Aarab
Montage: Benjamin Mercier


Pour info, voici le reportage réalisé le 18 octobre 2007, pendant la manif contre la remise en question des régimes spéciaux de retraite:

[vpod.tv/latelelibre/335060]

Voir les autres Points Rouge:

Point Rouge n°1 avec François Hollande,

Point Rouge n°2 avec les journalistes,

Point Rouge n°3 à Bondy "Cétait comment au Bled?"

LE POINT ROUGE #3 C'ÉTAIT COMMENT AU BLED?

Un troisième Point Rouge à Bondy, dans le 93.

sur la place du marché, devant le RER.

 

Avec le Maire Gilbert Roger (PS)

des Bondy-bloggeurs: Mohamed Hamidi, prof au lycée de Bobigny, Nordine Nabili, journaliste

et des passants.

QUESTION: C'était comment au bled?

Les habitants de Bondy, pour beaucoup français, mais ayant gardés des liens avec le pays d'origine de leur parents, racontent leurs dernier séjour au Maroc ou en Algérie. Surprenant!

Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra steady: Henry Marquis
Caméra 2: Matthieu Martin
Son :  Matthieu Daude
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Julien Chalais

Voir le Point Rouge n°1 avec François Hollande, Point Rouge n°2 avec les journalistes

LE POINT ROUGE: INDEPENDANCE DES JOURNALISTES

Et voici (enfin) la deuxième édition du Point Rouge! Le prochain c'est vendredi!

Après François Hollande à La Rochelle, cette fois nous sommes à Paris, dans le 7ème arrondissement, au Musée  Social.

“La presse”, par Plantu

Pour la première fois depuis des années, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC et SJ-FO ont réussis à se mettre autour d'une table pour parler des problèmes de fond dans la profession.

Nous avons réalisé cette émission dans la rue, le 4 octobre 2007, juste avant le démarrage du meeting qui a rassemblé près de 200 journalistes, surtout des syndicalistes. A l'issue de cette rencontre, des propositions concrètes ont été rédigées. Une pétition de l'intersyndicale vient d'être mis en ligne.

Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra: Jérôme Mignard , Joseph Haley
Son :  Xavier Piroelle
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Julien Chalais
Mise en ligne difficile: Anthony Santoro et Larbi Aarab, puis JeanSebastien, avec l'aide matinale de Rodrigo Seplulveda

PROCHAIN POINT ROUGE VENDREDI 19  OCTOBRE

Réalisé à Bondy (93), sur la place du marché, devant le RER.

 

Avec le Maire, des Bondy-bloggeurs, et des passants.

QUESTION: C'était comment au bled?

Les habitants de Bondy, pour beaucoup français, mais ayant gardés des liens avec le pays d'origine de leur parents, racontent leurs dernier été au Maroc ou en Algérie. Surprenant!