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jeudi 20 mars 2008 dans LaTeleLibre.fr | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Nous sommes dans la loge maquillage,
avec Emilie Raffoul, de Canal +, responsable de Jeudi Investigation qui
est arrivée en retard, Guillaume Duval, rédacteur en chef
d’Alternatives économiques, un peu plus tendu que les autres, mais qui
nous réserve des question “pointues”, et Bertrand Delais, journaliste
de droite, chroniqueur le midi sur Canal +, un esprit libre un peu
entravé par un coude brisé suite à une chute de vélo.
Brièvement, ils nous parlent des enquêtes ou des films qui, au présent, les occupent.
Interview en face à face entre Jacques Attali et John Paul Lepers
L’enfance en Algérie, son père qui, le jour de l’indépendance a « la
conscience aigue de ce qu’il fallait partir », l’ENA, ce « concours de
beauté », ou la rencontre avec Mitterrand - en boite de nuit, et le
mois de mai 1968 qui le surprend, déjà contradictoire, prof à l’X sur
le lieu des barricades, et sous-préfet, déjà, « chargé du maintien de
l’ordre », dans la Nièvre…
Les paradis fiscaux : le scandale allemand des comptes au Liechtenstein
La discussion se porte sur l’argent, la morale, la richesse… Pour
lui, le scandale allemand révèle cette « verrue sur l’Europe » que
constitue les paradis fiscaux. Deux immoralités sont en jeu, nous
dit-il : l’immoralité de la pauvreté apparente (on cache une richesse)
et l’immoralité de la richesse sale. Il parle de la France, qui est en
train de changer, mais où longtemps a régné une « conception française
» selon laquelle « le pouvoir est un substitut à l’argent ».
Maintenant, développe t-il, c’est une conception « catholique des
choses »…
Et puis Jacques Attali tient à le souligner, pour lui, l’argent n’est
pas nécessairement sale. La richesse est bienvenue, quand elle se met
au service de la lutte contre la pauvreté. A la question « vous êtes
riche ? » il répond d’abord philosophiquement : « Ah oui, à bien des
points de vue ». Et puis précise : «Je n’ai hérité de rien, j’ai gagné
de l’argent, ce que j’ai gagné avec les livres ».
La proposition présidentielle de parrainage d’enfant juif victime de la Shoah par les élèves de CM2
L’ancien conseiller de François Mitterrand se sent « impliqué dans
l’histoire du peuple juif » mais ne va pas aux « dîners mondains » (en
faisant allusion au dîner du CRIF). Et il avoue : « Quand je l’ai
entendu la première fois, j’ai trouvé ça très bien ». « Mais, le fait
de ne pas l’avoir préparé à l’avance, de ne pas avoir associé celle qui
aurait dû être associé plus que personne (…) Simone Veil me paraît une
erreur ‘tactique’ ». Une chose pourtant l’a choquée, le fait que, dans
le discours, il était question des enfants juifs ‘français’, sachant
qu’il y a « beaucoup plus d’enfants juifs non français que d’enfants
juifs français qui ont été lâchement envoyés dans les camps ». Pourquoi
que les français ? Au final donc, « une bonne idée affreusement mal
présentée, affreusement mal préparée »…
Au passage, il exprime ce regret que, dans notre pays , un vrai travail
sur la collaboration n’ai pas eu lieu … Il parle de ce travail de
mémoire que nous n’avons pas fait, que les Allemands, les Autrichiens
ont fait. Soulignant que les derniers « survivants » vont disparaître…
Et puis forcément, le sujet y mène, il évoque Mitterrand, et donc
Bousquet, bien sûr. Un dîner avec Bousquet, bien avant le livre de
Péan, et ses révélations, au cours duquel Mitterrand, pour explication,
lui souffle : « il a sauvé la vie » à tous ceux qui sont autour de la
table…
Le visionnage (encore, et encore) de la vidéo du Parisien.fr
entraîne ce petit monde à parler calmement de l’action et de la
majesté, Jacques Attali déplore pourtant la société d’hyper
surveillance généralisée qui est devenue la nôtre et pardonne Nicolas
Sarkozy, « un ami ». « Pas un ami politique, mais un ami personnel ».
On lui demande ce qu’il pense, de la fonction présidentielle qui
s’abîme : « Progressivement, l’Etat s’est dissout dans la réalité de la
globalisation et donc, le Président n’est que l’incarnation de cette
dissolution… Quel qu’il soit… ».
Pour lui, Nicolas Sarkozy a atteint le but de sa vie et désormais, il
s'en cherche un autre... Réformer la France? peut-être, sans doute...
Sarkozy, Jacques Attali l'attend : s'il veut agir, pour moderniser le
pays, affirmer sa stature de chef d'Etat, c'est simple, une seule
fenêtre s'offre à lui : c'est tout de suite, au lendemain des
municipales, avant juin 2009, les prochaines élections...
Et pourtant, devant une vidéo de LaTéléLibre (bientôt diffusée dans son
ensemble) dans laquelle Michel Onfray parle de Nicolas Sarkozy, l'ex
sherpa de Mitterrand dénonce le « très grand danger qui se passe dans
Paris, c’est de faire de la politique comme on fait du Shakespeare,
c’est-à-dire en examinant seulement le caractère d’un homme… ».
Interrogé sur la mise en avant dans les médias des conseillers du
Président de la République, Guéant, Mignon et Guaino, il comprend : «
c’est son choix, je comprends qu’il les laisse parler… » . Toutefois,
il est très ferme sur un point : « Je comprends très mal, je suis même
extrêmement choqué, quand un conseiller dit : c’est moi qui ai écrit un
discours, ça, je trouve ça inacceptable ».
Le rapport Atalli
C'est l’heure de débattre du rapport de la Commission pour la
libération de la croissance française. « Pour être correct avec
l’histoire, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui me l’a demandé, c’est
François Fillon».
Un petit zapping vidéo compilant quelques extraits de la période de
réception du rapport, à la fin janvier, parvient enfin à le faire,
grimacer, presque sourire : « Vous ne me reprendrez pas en situation de
repartir dans le jeu des petites phrases, je l’ai fait une fois, ça
suffit, je ne regrette pas de l’avoir fait, mais la parenthèse est
fermée.»
Attali essaye de tenir le cap, se défend, explique que son rapport est un rapport «apolitique » « pour le pays».
Il insiste : « Encore une fois, je n’ai pas demandé à faire ce rapport.
S’il n’est pas mis en œuvre ce ne sera pas notre échec, ce sera l’échec
du pouvoir politique – nous, on a fait notre travail, il faut juger nos
propositions sur ce qu’elles sont, et pas sur leur mise en œuvre ».
Guillaume Duval, l’économiste de la bande est malgré tout sans
vergogne, et Jacques Attali explique, développe, sans relâche. Taxis,
allocations familiales, mobilité sociale, carte scolaire : « La carte
scolaire aujourd’hui est une extraordinaire hypocrisie, chacun sait que
quand quelqu’un a une sorte de possibilité d’ « initié » pour savoir où
mettre ses enfants, il peut le faire, donc la carte scolaire est un
paravent devant une inégalité extrêmement profonde (…) deuxièmement la
vraie question est de créer les conditions de l’égalité des moyens dont
disposent les écoles . »
Les journalistes l’interrogent : un rapport libéral, trop libéral, pas libéral, les blocages français ? Le mal français…
« Le monde évolue vers une économie du savoir, si nous ne faisons pas
monter le niveau de savoir, depuis la maternelle jusqu’à la recherche,
et surtout en allant trouver tous les talents, où qu’ils soient, à
commencer par les quarante pour cent de gamins qui sont au chômage dans
les banlieues, le pays va mourir. »
En creux, sans relâche, cet immobilisme politique « depuis 86 » dit
Attali. Depuis la première cohabitation « rien n’a été fait ». Et
toujours, ce constat : « Je pense que la France dort politiquement, je
ne dis pas socialement, ni économiquement, ni culturellement… »
Et Sarkozy, toujours. A un détour, c'est John Paul qui s’exclame mais
c’est un gouvernement de droite : « ils vont pas donner de l’argent aux
pauvres quand même ! »…
Autour d’un verre de blanc, Jacques Attali, qui ne boit pas, dans la
vie, et avoue qu’il n’y connaît rien en vin. Il avale une lichette et
se confie, sur ceux qu’il admire, sur ces passages dans les bidonvilles
lointains, dans le cadre de ses activités avec qui lui permettent, à
lui qui se veut si profondément et « extraordinairement désintéressé»
de relativiser, et puis Ségolène, qui "sera Présidente de la
République", dixit Attali « Pour moi, je n’ai pas le moindre doute
là-dessus… Je le pense depuis le premier jour, depuis le jour où elle
est entrée dans mon bureau.. »
Et Nicolas Sarkozy, il ne l’est pas donc ?
« Il l’est différemment …elle est un homme …une femme d’Etat «
classique » comme on aime en France, c’est à dire qui incarne sérénité,
stabilité, une sécurité, elle est…« royale » voilà… Lui, il incarne un
homme d’Etat… peut-être du XXIème siècle, on ne sait pas… Mais il ne
peut l’être que par la réussite d’une action. S’il n’y a pas de
réussite de l’action, il ne sera pas un homme d’Etat ».
Karin Yaniv
SOUS LES PAVÉS, JACQUES ATTALI
Enregistrée au deuxième sous-sol d’Atlantis, le 28 Février 2008, entre 18H30 et 20H00
lundi 03 mars 2008 dans LaTeleLibre.fr, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)

Photo Thomas Haley-Sipa Press
Les journalistes, seuls, préparent l’interview de Ségolène Royal. Un peu poussée par John Paul, Françoise Degois qui suit le PS pour les auditeurs de France Inter évoque les difficultés rencontrées en suivant Ségolène Royal. Sébastien Calvet, photographe à Libération se déclare prêt à affronter celle qui ne lui a jamais adressé la parole. Enfin, Guy Birenbaum, brillant éditeur, s’apprête à découvrir celle qu’il n’a jamais vu ailleurs que dans sa lucarne, mais il n’en pense pas moins…
À propos de la visite officielle de Kadhafi organisée par le Président Sarkozy. Ségolène reprend son leitmotiv sur les contrats liés au nucléaire: ils sont dangereux quand il s’agit de dictatures. Et qu’un rapport américain lui donne raisons sur sa position concernant le nucléaire civil et l’Iran
Focus, photos de Sébastien Calvet à l’appui, sur les rapports très conflictuels de madame Royal avec les journalistes de terrain, pendant toute sa campagne. Des extraits du documentaire “Le Jour de Gloire”, notre film sur la campagne de l’élection présidentielle, seront diffusés pour illustrer le débat entre les journalistes et Ségolène Royal.
« Je ne veux pas me faire dévorer par les photographes »
Elle rigole sur les photos de ses chaussures mais elle dit « Je me pose la question de savoir comment ça se fait qu’une candidate à la Présidentielle soit représentée par ses pieds. »
« Je ne suis pas comme Angela Merkel. Peut-être aurais du porter des pantalons, (…) Je ne me suis pas déguisée en homme. »
A propos des journalistes
« Je ne veux pas être dans la connivence (…) Paradoxalement, j’estime
qu’avec cette attitude je respecte les journalistes. Je ne suis pas
comme Sarkozy qui est fusionnel, qui tape sur le ventre… »
Ségolène et le PS, les relations d’extrême proximité entre Sarkozy et les grands médias, un peu de politique politicienne sur l’avenir de l’ex candidate, des analyses et des questions sur les erreurs de stratégie de l’ex candidate…
Enfin, une séquence débridée et surprenante, au bar, autour d’un verre de champagne. Collector! Ségolène, qui raconte dans son livre qu’entre les deux tours, François Bayrou, qui selon elle l’avait conviée, refuse de la voir au dernier moment, et la laisse dans la rue (il a démenti cette info) regarde Guy Birenbaum dans les yeux, et lui lance: “vous m’auriez fait monter, vous…”! La tête de Birenbaum!
SOUS LES PAVÉS, SEGOLENE ROYAL
Enregistrée au deuxième sous-sol d’Atlantis, le 11 Décembre 2007, entre 19H00 et 20H00
Une émission de John Paul Lepers
Préparée par Bertrand Basset
Réalisée par Sébastien Gautheron
Assistant Réalisateur : Julien Vilarrubla
Directeur photo : Jérôme Mignard
Images : Jérôme Mignard, Henry Marquis, Franck Bayard, Laurent Hilaire
Ingénieur Vision : Antoine Poisson
Ingénieur du son : Matthieu Daude Assisté de: Quentin Vernier Palliez
Coordination Technique : Olivier Joubert
Régisseur plateau : Sylvain Auguet
Montage : Anthony Santoro, Benjamin Mercier
Habillage : Jean-Sebastien Desbordes
Journaliste/Scripte : Anne Marie Raphaël
Maquilleuses : Laure Lacornette, Laura
Décorateur : Anthony Oréac
Musique : « To Joss Samake » de Marc Minelli tiré de l’album Electro Bamako,
Avec l'aimable autorisation d'ALL OTHER MUSIC.
Accueil : Nathalie Leruch
Relation Presse : Anne Quemin
Photographe : Thomas Haley
Directrice de production : Caroline Lançon
Remerciements :
Frédéric Houzelle avec Atlantis Télévision : locaux, studio, régie
Rodrigo Sepulveda-Schultz, avec Vpod.tv : hébergement et maintenance vidéo,
Mayel de Borniol : webmaster
Assistance Audiovisuelle : prêt du matériel son
Merci aux professionnels et aux stagiaires qui ont tous travaillé bénévolement à la construction de « Sous les Pavés… »
Cette émission est à sponsoriser, pour les prix, nous consulter…
Production : On Y Va ! – LaTéléLibre.fr
vendredi 14 décembre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | TrackBack (0)
Tout le monde dit qu'il faut prendre mieux en compte les handicapés. Ca dure depuis des décennies. En fait, globalement tout le monde, sauf bien sûr les intéressés, se fout de ceux qui ont du mal à vivre dans ce monde de valides.
Notre excuse, c'est la pitié, celle qui
nous fait donner au Téléthon, on fait une bonne action. Le problème
c'est le regard, notre regard, notre honte, notre peur de l'a-normal.
Nous sommes infirmes face aux handicapés.
Resultat, on fait très peu parler les personnes handicapées à la télévision. Première raison, et je vais être violent, ce sujet ne fait pas d'audience. Même à LaTéléLibre, ce Point Rouge fera moins de clics...
Faites moi mentir!
JPL
INVITÉS DE CE POINT ROUGE
Patrice Tripoteau: Directeur Nationale des Actions APF
Frederic Tetard: JRI
Nathalie Bellity: Conseillère municipale de Sarcelles PS
Eudoxie Temgoua: Bac+12
François Joël: Administrateur Compagnie Au clair de Lune
Elisabeth Auerbacher: Secretaire nationnale au Handicap du PS
Ont participé à la réalisation de cette émission
Journaliste: John Paul Lepers
Steady cam: Henry Marquis
Caméra 2: Joseph Haley
Caméra CoolCam: Clément Alline
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Anthony Santoro
Merci à Christophe Brunet pour la "Cool Cam"!
Larbi Aarab, Bedredine Medjoubi et Matthieu Martin
Voir les autres Points Rouge :
Point Rouge n°1 avec François Hollande
Rouge n°2 l’indépendance des journalistes
Rouge n°3 à Bondy “Cétait comment au Bled
Point Rouge n°4 Grève contre la réforme des régimes spéciaux à la SNCF
Rouge N5 avec les mals logés de la rue de la Banque
jeudi 13 décembre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Des années 40 aux années 80, toute une génération d’artistes aux
styles très différents ont chanté le départ et l’absence, l’exil, mais
aussi le combat politique et la la solitude . De la variété pure et
dure, de la poésie, des rythmes dansants et des mélodies romantiques;
leur inspiration a pris des formes très variées, mais tous ont rythmé
le quotidien de ces millions d’algériens arrivés sur le sol de France
peu après la guerre.
Ces auteurs, de Slimane Azem à Mohamed Mazouni en passant par Matoub
Lounès et Cheikh el Hasnaoui, le grand public ne les connaît pas, mais
leurs 45 tours font partie intégrante de la culture familiale des
algériens de France , de leurs enfants et de leurs petits enfants. On
les a longtemps entendus dans les juke box et les scopitones qui
trônaient en bonne place dans les cafés ou se retrouvaient le soir et
le dimanche les ouvriers émigrés.
Mouss et Hakim, les ont eux aussi entendus tout au long de leur
enfance, dans le salon familial, puisque leur père et leur oncle ont
engrangé pendant près de 30 ans une collection digne d’un musée de la
chanson.
C’est cette mémoire, qu’ils célèbrent aujourd’hui qu’ils sont adultes à
leur tour et que les textes de ces chansons prennent enfin tout leur
sens.
Un hommage à un merveilleux patrimoine, et à la transmission de ces
valeurs universelles que sont la citoyenneté, le courage et la liberté,
au delà des générations et des mers, avec tout le talent et la
générosité dont les deux frères font preuve depuis bientôt 20 ans.
En avant-première d’une série de concerts qui les promènera dans
l’hexagone en 2008, Mouss, Hakim et leur bande d’incroyables musiciens
étaient sur la scène du New Morning à Paris le 12 novembre dernier. La
Télé Libre y était aussi !
Pour en savoir plus sur le projet « Origines contrôlées » qui est aussi le nom d’un festival et d’une revue :
http://www.origines-controlees.org/
Pour découvrir l’album sorti le 22 octobre dernier et les dates de concert à venir :
http://www.myspace.com/originescontrolees
Nathalie Leruch
Clément Magnin
Joseph Haley
Matthieu Martin
John Paul Lepers
Eric Ferroud-Plattet
vendredi 30 novembre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
jeudi 29 novembre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra 1: Matthieu Martin
Caméra 2: Joseph Haley
Caméra 3: Larbi Aarab
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Anthony Santoro
Point Rouge n°1 avec François Hollande,
Point Rouge n°2 l'indépendance du journalistes,
Point Rouge n°3 à Bondy "Cétait comment au Bled?"
Point Rouge n°4 Grève contre la réforme des régimes spéciaux à la SNCF
mercredi 21 novembre 2007 dans LaTeleLibre.fr | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
Cécile et Flavian Hervy, habitants à Saint Luce sur Loire, en Loire
Atlantique cherchent à adopter un enfant depuis un an et demi. Elle est
assistante maternelle et lui colleur d’affiche. Ils déclarent avoir été
« recrutés sur un site d’adoption » par l’association « Arche de Zoé ».
Mis en confiance lors d’une réunion à Paris « qui a durée 5 heures », «
on s’est dit que c’était humanitaire, pour sauver les enfants, on s’est
dit pourquoi pas. Ils (les responsables de l’Arche de Zoé, ndlr) ont
joué sur les sentiments des personnes, énormément ! » Dans leur
pavillon, ils montrent à l’équipe de LaTéléLibre, la chambre d’enfant,
toute neuve, qu’ils ont aménagé pour recevoir « un bébé »...
Les Hervy déclarent également qu’on les a « trompés », et ils
envisagent aujourd’hui de « prendre un avocat pour demander des comptes
» aux responsables quand ils seront de retour en France. « Ca va
chauffer », précisent-ils, en colère.
Jusque là, ils n’avaient pas parlé suite aux « instructions de
l’association ». Aujourd’hui, ils s’expriment parce qu’ils craignent
d'être mêlés à cette sombre histoire, et perdre ainsi l’agrément des
services de l’adoption. « C’est très dur, on risque de tout perdre »
concluent-ils.
Reportage signé Karine Yaniv, Larbi Aarab, Matthieu Martin et Anthony Santoro.
La chambre d’enfant était prête. Attendent encore
autour du lit de tout petit, les peluches offertes par les proches -
lions, girafes, clichés animaux- d’un continent lointain.
L’atterrissage est douloureux, pour le couple de la banlieue nantaise.
Depuis ce jeudi 25 octobre où, sur le tarmac de l’aéroport de Vatry,
dans la Marne, ils ont attendu en vain l’enfant qui devait leur être
confié. Les enfants ne viendront pas, l’opération a capotée.
LaTéléLibre les avait déjà rencontré le 26 octobre, devant l’ambassade
du Tchad, où ils sont réunis avec une partie des familles dites
‘d’accueil’. Ce jour-là, ils ne veulent pas parler.
Mais depuis ils se sentent menacés, floués, et ils se confient parce qu’ils ont peur de tout perdre.
Qu’elle, elle perde son agrément lui permettant
d’exercer son métier d’assistante maternelle. Lui, ouvrier, ne pourrait
payer le loyer, avec son seul salaire. Ils perdraient la maison. Que
leur tentative déjà amorcée d’obtenir l’agrément d’adoption se retrouve
bloquée.
C’est le fantôme d’Outreaux, aussi. Le « trafic d’organes », la «
pédophilie », tout ce qu’à dit le président du Tchad et qui a été
repris dans la presse. Non, pour eux il est important de dire non,
qu’il ne faut pas chercher de ce côté. Aujourd’hui, surtout, ils se
sentent victimes d’abus de confiance. Ils voudraient qu’on rapatrie
l’équipe en France, pour avoir des réponses. L’argent, il s’agissait
d’un don, bien sûr, mais « si on ne payait pas, on n’avait pas d’enfant
». Ils ne roulent pas sur l’or. Ils ont dû faire appel à la famille. A
un moment, ils ont été tenté d’en « prendre deux » mais financièrement,
ils ne pouvaient pas, déjà qu’ils avaient dû mettre à contribution la
famille, pour le premier. Ils se demandent, quand même, tout cet
argent… Ils ont fait le calcul. Cela atteindrait le million. Car
certaines familles ont donné plus. Ils ont des doutes. Pourtant, ils ne
cessent durant tout l’entretien de surveiller leurs mots, parfois, on
le sent, ils se rétractent, modèrent l’accusation. Quand on leur
demande si on peut aller avec eux voir sur le forum des familles
d’accueil, toujours actif, ils refusent.
Le Darfour, eux, ils ne connaissaient pas trop.
C’est plutôt ensuite, une fois qu’ils ont commencé à être tenté par
l’aventure, qu’ils ont été se renseigner. Ce qu’ils ont trouvé comme
information sur cette tragédie n’a fait que confirmer leur envie de
dire oui, à cette belle histoire qu’on leur proposait.
Ils nous montrent l’album entamé pour l’enfant à venir. On lui parle, à cet enfant déjà chéri qu’on imagine dans la « savane », en train de préparer son départ, quand eux préparent, ici, son arrivée. Comme on raconte le déroulement d’une grossesse à l’enfant à venir, on lui raconte l’espoir, né le jour où ils ont « signé », « envoyé les papiers », et enflant à mesure, avec la convocation à Paris en septembre, la signature du chèque, après un temps de réflexion, le moment où on leur dit que c’est bon, qu’ils auraient un enfant à la première évacuation, et la convocation à Valence. Le père qui tourne les pages est sur le point de pleurer. Les photos cartes postales de Paris, de Valence sont découpées sur les bords comme on fait de la dentelle. Il y a une infinie tendresse, dans les poèmes, l’expression de cette attente. Difficile de penser à mal, de dire que ça a été fait la veille en guise de couverture…
De leur récit, se dessine les contours d’une opération montée très vite, trop vite. Se dégage aussi le portrait d’un leader, charismatique, une forte tête. Eric Breteau. Le couple raconte la première réunion, à Paris : tout cela paraissait si solide. Toutes sortes de questions avaient été posées, Eric Breteau avait réponse à tout. La brochure détaillant les compétences de l’équipe d’encadrement aussi les avait bluffé : avocat, commissaire aux comptes, pédopsychiatre, médecin : c’était du solide, sur la plaquette. Tout cela leur paraissait sérieux. Se dégage aussi les contours d’un ensemble composé par les bénévoles de l’Arche de Zoé et la COFOD, ce collectif des familles d’accueil, aux aspirations et aux profils divers, ensemble devenu peut-être au fil des semaines comme une grande tribu portée par un même souffle. Ils racontent Valence, cette deuxième assemblée générale, la veille du départ de la délégation actuellement sous les verrous au Tchad.
Alors bien sûr, c’est leur grande naïveté qui
frappe, et ils le reconnaissent. Ils n’ont pas tout compris, pas tout
cherché à comprendre, tellement ça leur paraissait sérieux, bien
ficelé..
Mais ce qu’on saisit aussi c’est qu’il les arrangeait sans doute de ne
pas trop chercher à comprendre. Quand on leur demande s’il n’ont pas
cherché à contacter d’autres associations plus « officielles », pour
vérification, ils bafouillent, avouent qu’ils savaient qu’il y avait
bisbille entre l’Arche de Zoé et l’UNICEF. Ou même le Quai d’Orsay. Ils
nous montrent les comptes-rendus reçus via le forum courant octobre :
récits codés, dans lesquels des membres de l’équipe sur place parlent
de ‘gazelles’ et de ‘zèbres’ au lieu de garçons et de filles. Pour
échapper aux contrôles des RG, nous expliquent-ils.
De sorte que nous ne pouvons nous empêcher de nous dire qu’en dépit de
leur déni, et au-delà de la naïveté, ils présentaient, sans pouvoir se
l’imaginer, la dimension illégale de l’aventure. N’étaient-ils pas
devenus convaincus qu’il y avait là une autre « manière » d’adopter,
risquée, certes, mais jouable, car c’était la guerre, la-bas ? Qu’une
fois les enfants transférés en France, ce serait possible, légal, de
les ‘garder’ ? Et qu’au final ce serait plus rapide, plus simple, moins
cher, qu’en empruntant les chemins dits ‘normaux’ de l’adoption ?
« Au moins il aura réussi une chose, c’est d’attirer
l’attention sur le Darfour », nous dit ce couple, à un moment, comme
dans un nouvel accès de retour à la réalité. Comme comprenant s’être
laissés embarquer dans une histoire qui celle-là n’était pas
directement la leur. L’histoire peut-être d’un petit noyau d’excités
mégalos déterminés à monter une opération médiatique en toute
connaissance des risques encourus, dans le but de sauver le monde et de
subvertir des règles jugées trop rigides. Pour montrer que tout devrait
être plus simple, si d’un côté, il y a, par milliers, des familles en
France prêtes à ‘accueillir’ des enfants du Darfour et si, de l’autre,
il y a, par milliers, des enfants en détresse au Darfour.
L’équation, cependant, n’est en réalité pas si simple.
Karine Yaniv
jeudi 01 novembre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Mondialisation, Société | Lien permanent | Commentaires (14) | TrackBack (0)
Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra steady: Henry Marquis
Caméra 2: Matthieu Martin
Son : Matthieu Daude
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Julien Chalais
Voir le Point Rouge n°1 avec François Hollande, Point Rouge n°2 avec les journalistes
vendredi 19 octobre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Pour la première fois depuis des années, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC et SJ-FO ont réussis à se mettre autour d'une table pour parler des problèmes de fond dans la profession.
Nous avons réalisé cette émission dans la rue, le 4 octobre 2007, juste avant le démarrage du meeting qui a rassemblé près de 200 journalistes, surtout des syndicalistes. A l'issue de cette rencontre, des propositions concrètes ont été rédigées. Une pétition de l'intersyndicale vient d'être mis en ligne.
Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra: Jérôme Mignard , Joseph Haley
Son : Xavier Piroelle
Coordination: Bertrand Basset
Montage: Julien Chalais
Mise en ligne difficile: Anthony Santoro et Larbi Aarab, puis JeanSebastien, avec l'aide matinale de Rodrigo Seplulveda
mardi 16 octobre 2007 dans LaTeleLibre.fr, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

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