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MOUSS ET HAKIM CHANTENT LES "ORIGINES CONTRÔLÉES"

MUSIQUE

Après Zebda, 100% Collègues et les Motivés, les frères toulousains Mouss et Hakim reviennent avec « Origines contrôlées » un nouveau projet musical aux dimensions historiques puisqu’ils exhument aujourd’hui pas loin de 40 ans de chansons, toutes composées par des artistes algériens exilés en France.

Hommage à la musique des immigrés d'Algérie, en France, pendant les "trente glorieuses".

Des années 40 aux années 80, toute une génération d’artistes aux styles très différents ont chanté le départ et l’absence, l’exil, mais aussi le combat politique et la la solitude . De la variété pure et dure, de la poésie, des rythmes dansants et des mélodies romantiques; leur inspiration a pris des formes très variées, mais tous ont rythmé le quotidien de ces millions d’algériens arrivés sur le sol de France peu après la guerre.
Ces auteurs, de Slimane Azem à Mohamed Mazouni en passant par Matoub Lounès et Cheikh el Hasnaoui, le grand public ne les connaît pas, mais leurs 45 tours font partie intégrante de la culture familiale des algériens de France , de leurs enfants et de leurs petits enfants. On les a longtemps entendus dans les juke box et les scopitones qui trônaient en bonne place dans les cafés ou se retrouvaient le soir et le dimanche les ouvriers émigrés.
Mouss et Hakim, les ont eux aussi entendus tout au long de leur enfance, dans le salon familial, puisque leur père et leur oncle ont engrangé pendant près de 30 ans une collection digne d’un musée de la chanson.
C’est cette mémoire, qu’ils célèbrent aujourd’hui qu’ils sont adultes à leur tour et que les textes de ces chansons prennent enfin tout leur sens.
Un hommage à un merveilleux patrimoine, et à la transmission de ces valeurs universelles que sont la citoyenneté, le courage et la liberté, au delà des générations et des mers, avec tout le talent et la générosité dont les deux frères font preuve depuis bientôt 20 ans.
En avant-première d’une série de concerts qui les promènera dans l’hexagone en 2008, Mouss, Hakim et leur bande d’incroyables musiciens étaient sur la scène du New Morning à Paris le 12 novembre dernier. La Télé Libre y était aussi !

Pour en savoir plus sur le projet « Origines contrôlées » qui est aussi le nom d’un festival et d’une revue :
http://www.origines-controlees.org/

Pour découvrir l’album sorti le 22 octobre dernier et les dates de concert à venir :
http://www.myspace.com/originescontrolees

Nathalie Leruch
Clément Magnin
Joseph Haley
Matthieu Martin
John Paul Lepers
Eric Ferroud-Plattet

BA: LE POINT ROUGE SUR LA RÉFORME DATI

BANDE ANNONCE

BIENTÔT LE POINT ROUGE CONTRE LA RÉFORME DATI SUR LATELELIBRE.FR

POINT ROUGE #6 AVEC LES ÉTUDIANTS DE LA FAC DE NANTERRE

Nous avons posé notre 6ème Point Rouge dans la fac de Nanterre. Ce jour là, les CRS étaient intervenus pour permettre l'accès des cours aux "anti-bloqueurs"

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C'était mercredi 14 novembre, passé la Défense, un entrelacs d’autoroutes et de ponts plus ou moins utiles, le triste campus de la fac Paris X-Nanterre, qui vit naître en 68 le « mouvement du 22 mars », avec à sa tête Daniel Cohn Bendit. Nous arrivons dans une ambiance survoltée. Une échauffourée vient d’opposer plusieurs dizaines de CRS à des étudiants qui voulaient bloquer la fac. A la demande du Président de l’Université les CRS ont organisé un barrage filtrant, permettant aux non grévistes de pénétrer dans un bâtiment de la faculté, les uns applaudissent, les autres sifflent, des injures fusent. Voici les images qui sont passées sur toutes les télés :


Violence des CRS à Nanterre


La veille, une assemblée générale houleuse avait opposé les étudiants partisans du blocage pour protester contre la loi LRU, sur l’autonomie des universités, et ceux qui voulaient suivre leurs cours. Un vote à main levée avait donné lieu à un résultat serré : 870 voix pour le blocage, 770 voix contre. Un résultat contesté par les antibloqueurs, ces derniers affirmant que le décompte avait été truqué.


Ont participé à cette émission:
Journaliste: John Paul Lepers
Caméra 1: Matthieu Martin
Caméra 2: Joseph Haley
Caméra 3: Larbi Aarab

Coordination: Bertrand Basset
Montage: Anthony Santoro



Point Rouge n°1 avec François Hollande,

Point Rouge n°2 l'indépendance du journalistes,

Point Rouge n°3 à Bondy "Cétait comment au Bled?"

Point Rouge n°4 Grève contre la réforme des régimes spéciaux à la SNCF

Point Rouge N5 avec les mals logés de la rue de la Banque

LE FILM INTERDIT PAR BATAILLE ET FONTAINE

ENQUÊTE

C’est ce lundi 12 novembre que le juge, après visionnage, devrait décider si le documentaire sur les coulisses de « Y’a que la vérité qui compte », pourra être diffusé.

L’affaire cours depuis deux semaines, et les réalisateurs Oren Nataf et Isabelle Friedmann, ont été contraints, suite à un référé, de retirer leur film du festival des Cahiers du Cinéma ce week end.

Vendredi dernier, un article de Libé donnait la parole à l’avocat des Cahiers Me Jean-François Manigne: «C’est une censure détournée. C’est la télé qui ne se remet pas en question et, sous couvert de droit à l’image, veut faire interdire un documentaire qui lui déplaît».

Pour ce reportage nous avons rencontré les principaux protagonistes ; Anne Chaussebourg, des Cahiers du Cinéma, Oren Nataf, co-réalisateur qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive, et refuse de « rentrer dans la polémique », et de parler de censure, il espère encore un accord à l’amiable.

Côté Bataille et Fontaine, les anciens animateurs de TF1, refusent de se voir dans ce miroir forcément déformant qu’est un documentaire d’auteur. Après avoir déclaré qu’ils ne s’opposeraient pas à sa diffusion, ils ont pris la tête du groupe de journalistes qui invoquent leur droit à l’image pour s’opposer à la diffusion de ce film.

La K7 du doc est arrivée par hasard dans la boite aux lettres de LaTéléLibre...

Dans le reportage, nous vous proposons quelques extraits de « 20 minutes de bonheur », un doc d’1 heure 40 minutes d’images brutes, sans commentaires, plein d’enseignements sur la réalité de la télé d’aujourd’hui, ou plutôt (je cite mes questions) de "la télé de merde", celle qui propose au téléspectateur cette " pornographie de la vie privée ". Bataille (sans Fontaine) a accepté de répondre à mes questions directes.

John Paul Lepers, Joseph Haley, Smaïn Belhadj et Léo Leprislet

NB : Sur le web, circule un montage d'extraits du film où les producteurs évoquent, lors de plusieurs réunions, le trop grand nombre d’homosexuels parmi les invités, et la baisse d’audience qui en serait la conséquence. Si le cynisme des auteurs de ces paroles est évident, les accusations d’homophobie qui ont été proférées, nous semblent abusives quand on visionne le doc en entier. Une raison de plus pour laisser les réalisateurs montrer leur travail…

Un extrait sur ce thème  diffusé par @si, le site de Daniel Scheidermann.

EXCLUSIF SUR LATÉLÉLIBRE : ARCHE DE ZOÉ, PREMIER TÉMOIGNAGE

EXCLUSIF

LaTéléLibre présente le premier témoignage d’une des familles qui attendait un enfant de l'opération dite humanitaire de l' « Arche de Zoé ».

Un témoignage à charge pour l’association, car le couple affirme: "on nous a clairement laissé entendre qu’en payant 1400 euros, nous pourrions garder l’enfant ".

Cécile et Flavian Hervy, habitants à Saint Luce sur Loire, en Loire Atlantique cherchent à adopter un enfant depuis un an et demi. Elle est assistante maternelle et lui colleur d’affiche. Ils déclarent avoir été « recrutés sur un site d’adoption » par l’association « Arche de Zoé ».
Mis en confiance lors d’une réunion à Paris « qui a durée 5 heures », « on s’est dit que c’était humanitaire, pour sauver les enfants, on s’est dit pourquoi pas. Ils (les responsables de l’Arche de Zoé, ndlr) ont joué sur les sentiments des personnes, énormément ! » Dans leur pavillon, ils montrent à l’équipe de LaTéléLibre, la chambre d’enfant, toute neuve, qu’ils ont aménagé pour recevoir « un bébé »...
Les Hervy déclarent également qu’on les a « trompés », et ils envisagent aujourd’hui de « prendre un avocat pour demander des comptes » aux responsables quand ils seront de retour en France. « Ca va chauffer », précisent-ils, en colère.
Jusque là, ils n’avaient pas parlé suite aux « instructions de l’association ». Aujourd’hui, ils s’expriment parce qu’ils craignent d'être mêlés à cette sombre histoire, et perdre ainsi l’agrément des services de l’adoption. « C’est très dur, on risque de tout perdre » concluent-ils.

Reportage signé Karine Yaniv, Larbi Aarab, Matthieu Martin et Anthony Santoro.

Et voici l'article que Karine a écrit après ce reportage, qui a bouleversé toute l’équipe. Un témoignage sensible qui répond a de nombreuses questions qui surgissent après visionnage.

La chambre d’enfant était prête. Attendent encore autour du lit de tout petit, les peluches offertes par les proches - lions, girafes, clichés animaux- d’un continent lointain. L’atterrissage est douloureux, pour le couple de la banlieue nantaise. Depuis ce jeudi 25 octobre où, sur le tarmac de l’aéroport de Vatry, dans la Marne, ils ont attendu en vain l’enfant qui devait leur être confié. Les enfants ne viendront pas, l’opération a capotée. LaTéléLibre les avait déjà rencontré le 26 octobre, devant l’ambassade du Tchad, où ils sont réunis avec une partie des familles dites ‘d’accueil’. Ce jour-là, ils ne veulent pas parler.
Mais depuis ils se sentent menacés, floués, et ils se confient parce qu’ils ont peur de tout perdre.

Qu’elle, elle perde son agrément lui permettant d’exercer son métier d’assistante maternelle. Lui, ouvrier, ne pourrait payer le loyer, avec son seul salaire. Ils perdraient la maison. Que leur tentative déjà amorcée d’obtenir l’agrément d’adoption se retrouve bloquée.
C’est le fantôme d’Outreaux, aussi. Le « trafic d’organes », la « pédophilie », tout ce qu’à dit le président du Tchad et qui a été repris dans la presse. Non, pour eux il est important de dire non, qu’il ne faut pas chercher de ce côté. Aujourd’hui, surtout, ils se sentent victimes d’abus de confiance. Ils voudraient qu’on rapatrie l’équipe en France, pour avoir des réponses. L’argent, il s’agissait d’un don, bien sûr, mais « si on ne payait pas, on n’avait pas d’enfant ». Ils ne roulent pas sur l’or. Ils ont dû faire appel à la famille. A un moment, ils ont été tenté d’en « prendre deux » mais financièrement, ils ne pouvaient pas, déjà qu’ils avaient dû mettre à contribution la famille, pour le premier. Ils se demandent, quand même, tout cet argent… Ils ont fait le calcul. Cela atteindrait le million. Car certaines familles ont donné plus. Ils ont des doutes. Pourtant, ils ne cessent durant tout l’entretien de surveiller leurs mots, parfois, on le sent, ils se rétractent, modèrent l’accusation. Quand on leur demande si on peut aller avec eux voir sur le forum des familles d’accueil, toujours actif, ils refusent.

 

Le Darfour, eux, ils ne connaissaient pas trop.
C’est plutôt ensuite, une fois qu’ils ont commencé à être tenté par l’aventure, qu’ils ont été se renseigner. Ce qu’ils ont trouvé comme information sur cette tragédie n’a fait que confirmer leur envie de dire oui, à cette belle histoire qu’on leur proposait.

 

Ils nous montrent l’album entamé pour l’enfant à venir. On lui parle, à cet enfant déjà chéri qu’on imagine dans la « savane », en train de préparer son départ, quand eux préparent, ici, son arrivée. Comme on raconte le déroulement d’une grossesse à l’enfant à venir, on lui raconte l’espoir, né le jour où ils ont « signé », « envoyé les papiers », et enflant à mesure, avec la convocation à Paris en septembre, la signature du chèque, après un temps de réflexion, le moment où on leur dit que c’est bon, qu’ils auraient un enfant à la première évacuation, et la convocation à Valence. Le père qui tourne les pages est sur le point de pleurer. Les photos cartes postales de Paris, de Valence sont découpées sur les bords comme on fait de la dentelle. Il y a une infinie tendresse, dans les poèmes, l’expression de cette attente. Difficile de penser à mal, de dire que ça a été fait la veille en guise de couverture…

 

De leur récit, se dessine les contours d’une opération montée très vite, trop vite. Se dégage aussi le portrait d’un leader, charismatique, une forte tête. Eric Breteau. Le couple raconte la première réunion, à Paris : tout cela paraissait si solide. Toutes sortes de questions avaient été posées, Eric Breteau avait réponse à tout. La brochure détaillant les compétences de l’équipe d’encadrement aussi les avait bluffé : avocat, commissaire aux comptes, pédopsychiatre, médecin : c’était du solide, sur la plaquette. Tout cela leur paraissait sérieux. Se dégage aussi les contours d’un ensemble composé par les bénévoles de l’Arche de Zoé et la COFOD, ce collectif des familles d’accueil, aux aspirations et aux profils divers, ensemble devenu peut-être au fil des semaines comme une grande tribu portée par un même souffle. Ils racontent Valence, cette deuxième assemblée générale, la veille du départ de la délégation actuellement sous les verrous au Tchad.

 

Alors bien sûr, c’est leur grande naïveté qui frappe, et ils le reconnaissent. Ils n’ont pas tout compris, pas tout cherché à comprendre, tellement ça leur paraissait sérieux, bien ficelé..
Mais ce qu’on saisit aussi c’est qu’il les arrangeait sans doute de ne pas trop chercher à comprendre. Quand on leur demande s’il n’ont pas cherché à contacter d’autres associations plus « officielles », pour vérification, ils bafouillent, avouent qu’ils savaient qu’il y avait bisbille entre l’Arche de Zoé et l’UNICEF. Ou même le Quai d’Orsay. Ils nous montrent les comptes-rendus reçus via le forum courant octobre : récits codés, dans lesquels des membres de l’équipe sur place parlent de ‘gazelles’ et de ‘zèbres’ au lieu de garçons et de filles. Pour échapper aux contrôles des RG, nous expliquent-ils.
De sorte que nous ne pouvons nous empêcher de nous dire qu’en dépit de leur déni, et au-delà de la naïveté, ils présentaient, sans pouvoir se l’imaginer, la dimension illégale de l’aventure. N’étaient-ils pas devenus convaincus qu’il y avait là une autre « manière » d’adopter, risquée, certes, mais jouable, car c’était la guerre, la-bas ? Qu’une fois les enfants transférés en France, ce serait possible, légal, de les ‘garder’ ? Et qu’au final ce serait plus rapide, plus simple, moins cher, qu’en empruntant les chemins dits ‘normaux’ de l’adoption ?

 

« Au moins il aura réussi une chose, c’est d’attirer l’attention sur le Darfour », nous dit ce couple, à un moment, comme dans un nouvel accès de retour à la réalité. Comme comprenant s’être laissés embarquer dans une histoire qui celle-là n’était pas directement la leur. L’histoire peut-être d’un petit noyau d’excités mégalos déterminés à monter une opération médiatique en toute connaissance des risques encourus, dans le but de sauver le monde et de subvertir des règles jugées trop rigides. Pour montrer que tout devrait être plus simple, si d’un côté, il y a, par milliers, des familles en France prêtes à ‘accueillir’ des enfants du Darfour et si, de l’autre, il y a, par milliers, des enfants en détresse au Darfour.
L’équation, cependant, n’est en réalité pas si simple.

Karine Yaniv