J’étais hier mercredi 1er mars à la 8ème conférence de presse mensuelle du Premier Ministre, à Matignon. Il a été longuement question de la grippe aviaire, de la Réunion et de la fusion Suez-GDF. Soyez rassurés, le gouvernement a la situation en main, gardez vos chats à la maison, des bombes anti-moustiques seront distribuées, et la fusion surprise des deux entreprises françaises, ce n'est pas une privatisation masquée de GDF, ce n'est pas du "protectionnisme", mais du "patriotisme économique"...
De mon côté, j’ai posé une question qui me préoccupe : que pense le premier Ministre de l'affaire qui réunie Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Elkabbach cette semaine? Pour mémoire, Il s’agissait, de la part du patron d’Europe 1 (qui cherchait à remplacer le journaliste chargé de l’UMP en vue des prochaines échéances électorales), de savoir quel reporter le Ministre de l’Intérieur avait repéré dans la génération montante. Les deux intéressés ont confirmé la teneur de leur conversation, révélée par le Canard Enchaîné, même si Elkabbach a nié s’inspirer des « conseils » de Sarkozy.
J’ai demandé à M. de Villepin s’il trouvait cette situation « normale », et si, en tant que Premier ministre, il choisissait « les journalistes chargés de couvrir Matignon ».
Voici sa réponse reprise par l’AFP : "Je vais être tout à fait franc avec vous. Il se trouve que j'ai un privilège: je n'ai que des amis parmi les journalistes ! Donc je suis dans l'incapacité, chacun le sait bien, tous les directeurs de rédaction le savent, de choisir entre des amis et cela ne serait pas correct, bien sûr"
Le Premier ministre botte donc en touche, mais sa réponse m’inspire deux réflexions :
- Je ne suis pas « ami » avec lui, et donc, si je comprends bien, je ne risque pas d’être sélectionné. J’ai toutefois demandé une interview à sa collaboratrice pour une interview sur ce blog.
- Pour votre information, c’est une tradition dans notre pays, sous un régime qu'on peut qualifier de "Monarchie Républicaine", les journalistes « détachés » en permanence par leur rédaction à Matignon ou à l’Elysée, sont choisis « en concertation » avec les intéressés. Il est donc interdit de se fâcher avec le Président ou le Premier ministre, sous peine d’être remplacé. C'est sans doute la raison pour laquelle cette affaire n'a pas fait beaucoup de bruit. A ce propos, je cherche des collègues qui voudraient bien témoigner…
Ces trois ministres (présents à la conf), semblent hésiter à s'exprimer. Cliquer sur les images, pour les voir mieux...
Photos Copyright JPL

La langue de bois est mère des politiques. Tout ce qu'ils savent faire, c'est accaparer la parole pour qu'au final, on oublie la question et que l'on se dise :"oh qu'il parle bien" ou bien "ah oui, ca c'est vrai" Mamie Gisèle dans sa maison.
Jamais vu un politique qui répondent en moins de 20 phrases (et attention pas de phrases brutes).
Blasé, que je suis, du haut de ma toute fraiche majorité.
Rédigé par : Dieu | jeudi 02 mars 2006 à 01:04
Bonjour John-Paul,
merci beaucoup pour tout le temps accordé hier usr le chat de l'Internaute. Comme disaient d'anciens collègues à vous "c'était vraiment très intéressant" :)
Et un ptit clin d'oeil, déjà relevé par Guy Birenbaum au Bon Marché, mais revu par la FNAC de la Défense : votre livre y est exposé, certes, à côté de "La Fille de coeur - Anh Dao Traxel" mais diplomatiquement séparé par "Entre le coeur et la raison" de Valérie Domain...
Rédigé par : Tod | jeudi 02 mars 2006 à 09:10
Cher John-Paul, Contrairement à ce qu'affirme votre article, il me semble que Sarkozy n'était pas en compagnie d'Elkabbach dans l'avion et que par contre le ministre de l'intérieur aurait balancé l'info aux quelques journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion en direction de Chamonix. Je ne sais pas si j'ai été assez claire dans mes explications. Mais c'est à peu près ça.
Rédigé par : aussiblogueur | jeudi 02 mars 2006 à 09:28
Monsieur Lepers,
Ne pensez-vous pas qu'en province c'est, à peu près, la même chose? Je connais des journalistes de presse hebdo qui proposent leur papier, à la lecture, aux édiles locales, avant diffusion. Ceci, sans y être obligés, mais par simple précaution.
Rédigé par : José Alcala | jeudi 02 mars 2006 à 09:50
Oups! Merci "aussiblogueur", j'ai corrigé... Rien ne vous échappe, et c'est tant mieux!
Rédigé par : John paul Lepers | jeudi 02 mars 2006 à 09:51
Si j'ai bien compris, si vous, JP, n'êtes pas un ami de Villepin, vous n'êtes pas journaliste... à la mode des politiques.
La seconde photo est marrante : on se demande s'ils font la gueule de ne pas avoir la parole (ils ne doivent pas avoir d'amis parmi les journalistes présents) ou s'ils se font royalement chier dans le rôle de figurants derrière la star à brushing.
Rédigé par : angel | jeudi 02 mars 2006 à 09:59
triste constat sur Villepin, mais on a eu le temps de se rendre compte que sa façon de répondre et son attitude était récurrentes .
Par contre pour la grande majorité des journalistes, cela devient une collusion généralisée. Il suffit de voir Sarko et Ségolène Royale.....pitoyable.
je vous renvois à http://www.etiennefillol.org/blog/index.php?2006/02/24/62-le-parachute-ascensionnel-royal-et-le-journaliste-convaincu
Rédigé par : enzo d'aviolo | jeudi 02 mars 2006 à 11:39
Pourquoi faut-il sur ce blog un discours populiste et poujadiste. Les politiques sont tous des menteurs, des hypocrites.... Le même discours, on se croirait à un spectacle de Laurent Gerra. Les politiques ne sont pas tous des saints mais l'on peut peut-être éviter de les décridibiliser à chaque fois. Et du coup d'éviter les élections.
Rédigé par : Alex | jeudi 02 mars 2006 à 12:13
Cher Alex,
si vous preniez un peu plus de temps et que vous lisiez avant "d'attaquer"... on potasse un peu le dossier avant de prendre la parole quand-même ;o)
Et là, vous auriez lu et entendu plus d'une fois que JP Lepers passe son temps à dire que les politiques ne sont pas tous pourris etc etc... Bien au contraire :)
Désolée, je pense que monsieur Lepers est capable de répondre seul, mais ça m'a un peu gonflée....
Rédigé par : J'me permets... | jeudi 02 mars 2006 à 14:58
Le ministre du milieu c'est bien celui de la désinfectation? ( RMCINFO)
Rédigé par : Al Anarc | jeudi 02 mars 2006 à 17:29
Bonsoir john paul
vous dites "les journalistes « détachés » en permanence par leur rédaction à Matignon ou à l’Elysée, sont choisis « en concertation » avec les intéressés. Il est donc interdit de se fâcher avec le Président ou le Premier ministre, sous peine d’être remplacé" Pourriez vous développer un peu le sujet, pour qu'on se rende compte un peu du degré de cette connivence.
Rédigé par : benoit | jeudi 02 mars 2006 à 19:53
formidable la photo des trois. On dirait un peu une brochette de singes sages ; il y a surement un conte à leur sujet
Rédigé par : brigetoun | jeudi 02 mars 2006 à 21:27
agrandie elle est encore mieux. C'est pas gentil
Rédigé par : brigetoun | jeudi 02 mars 2006 à 21:28
Villepin a répondu avec humour... et condescendance. C'est un peu son truc la condescendance, non ?
Rédigé par : gazellebarbue | vendredi 03 mars 2006 à 03:25
C’est qui le gros a gauche ? J’ai exactement la même cravate que lui, sans blague. Il a du faire un voyage au Mexique.
P .S. Premier passage sur le blog. Je reviendrais voir si nous avons les même dessous. Je compte sur vous et vos photos.
Rédigé par : SimonTemplar | vendredi 03 mars 2006 à 16:45
salut jpaul le monde est petit même sur internet amitiés à toi Daniel
Rédigé par : Daniel hentze | samedi 04 mars 2006 à 00:33
"Le journaliste détaché" affichant de l'empathie pour la personne ou le parti qu'il couvre n'est pas nouveau.
Je me souviens de Thierry Pfister qui dans les années 70 a couvert, jour et nuit, les grands et petits faits du parti socialiste pour le compte du journal "Le Monde" et ensuite, en 1981, entrer dans le cabinet de Pierre Mauroy et devenir la plume du premier ministre (1981-1985) d'alors....Et on pourrait multiplier sans problème des exemples de cette connivence....
Rédigé par : Francis | dimanche 05 mars 2006 à 14:03
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous John-Paul. Villepin ne botte pas en touche : il confirme tout haut la connivence tant dénoncée entre politiques et journalistes "je n'ai que des amis". Il n'a aucun mérite, il n'a que la franchise de sa stupidité. Pendant ce temps, l'électeur regarde, et pense à son prochain bulletin blanc.
Rédigé par : abfab | lundi 06 mars 2006 à 21:59
c de notoriété publique cette allégeance des journalistes "acrédités" comme ils disent envers les politiques ou les "puissants " de ce monde .Leurs carrières sont proportionnelles à leurs facultés de savoir poser les seules questions que ces hommes politiques ou puissants veulent entendre.Mais il suffit simplement pour nous pauvres manants de zapper régulièrement ces "pseudo" journalistes et c ce que je fais depuis longtemps.Il existe tant d'autres moyens de s'informer que d'ètre obligés d'ecouter le bla-bla sirupeux de ces mecs la ...
salut à toi john-paul
Rédigé par : max | mardi 07 mars 2006 à 18:21
Un truc intéréssant, seulement évoqué en quelques secondes il y a peu de semaines, sur l'edition Rhone-Alpes de France 3 (JT régional). 5 journalistes d'un quotidien de Lyon virés "pour raison économique", après une grève avec une partie de leur rédaction, laquelle avait été déclenchée en réaction à la censure d'une information par leur direction: il leur était interdit de de s'étendre sur les déboires actuels du maire PS gérard collomb, en matière de délit financier... Ce qui n'empêche pas, encore, les poursuites judiciaires de continuer... collomb ayant été convoqué chez le juge. Allez-y, monsieur Lepers..!
Monsieur Lepers...
Rédigé par : Serviteur | jeudi 09 mars 2006 à 08:11
Celui de droite par contre j'sais vraiment pas qui c'est... mais il perd rien pour attendre...
Rédigé par : Léo | jeudi 09 mars 2006 à 11:02
pourtant jp tu as des amis mais pas chez nos politiques tu as le bonjour de"tibéri" c'est une blague
Rédigé par : Daniel hentze | vendredi 10 mars 2006 à 18:59