NON?
Drôle de pays. Depuis bientôt 4 ans, les Français ne savent plus dire qu’une chose : NON !
le 21 avril 2002, nous avons dit « NON » à Jospin
Le 5 mai suivant, nous avons dit « NON » à Le Pen
Deux années plus tard, lors des Régionales, nous avons dit « NON » à la droite
L’année dernière, nous avons dit « NON » à la Constitution Européenne.
Aujourd’hui, c’est « NON » au CPE.
Si la grève de mardi est un succès, il est fort possible que les jours de Dominique de Villepin soient comptés. Reste un risque (que certains calculent, voir favorisent…) c’est l’importance des violences, et les réactions de peur qui peut s’en suivre, avec un fort retour de bâton sécuritaire à la clef. Mais attendons.
L’objet de ce billet n’est pas de juger cette série de refus. Je ne dis pas qu’il aurait fallu dire « OUI » à telle ou telle question. Notre « négationnisme (!) » politique traduit un refus du libéralisme et de la mondialisation sans contrôle, c’est le versant positif.
Mais c’est aussi le signe d’un blocage. Notre incapacité à espérer, à inventer un chemin qui mène quelque part… La majorité de nos voisins européens se demandent d’ailleurs ce que nous faisons.
Pour beaucoup de Français, il est évident qu’il faut adapter notre pays aux évolutions du monde, tout en préservant notre socle social. Nous le sentons confusément, mais nous n’avons pas de méthode, et personne ne semble en mesure de nous guider. Dans une démocratie, par définition, la solution devrait être proposée par les politiques. Alors vont-ils en profiter pour nous proposer des solutions dignes de nos espérances et à la mesure de nos craintes ? Ou vont-ils (elles) chercher, comme souvent, le succès électoral à travers l’échec de leurs adversaires ?
En attendant, nous les citoyens, avons les politiques que nous méritons. C'est aussi à nous de réfléchir.
J’ai eu cette interrogation lors d'une manif anti-CPE, en regardant un manifestant, sur un char, déguisé en Astérix. Ce symbole de la résistance à la mondialisation, nous en sommes fier, et en même temps, le modèle n’est pas glorieux, il ne débouche sur pas grand-chose : je résiste, je me marre, et rien ne bouge. C’est une fiction qui ne tient pas longtemps, d’autant plus que nous n’avons plus la potion magique…Combien de temps allons-nous continuer à nous bercer de notre exception française, alors que le monde fonce, et ne nous attend pas ?
Voilà j'ouvre la discussion sur un thème politiquement incorrect. Voici quelques images pour illustrer mon propos, tournées pendant la manif anti-CPE du samedi 18 mars dernier.





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