Voici une affaire qui nous concerne tous. Depuis plusieurs jours, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, devenu auteur de livres et réalisateur de documentaires, est menacé de prison pour avoir dénoncé les pratiques des multinationales de la finance.
A l’heure où l’attention des médias est tournée vers l’affaire des caricatures, son cas est passé presque inaperçu. Dans cette affaire, pas de manifestations violentes, pas d’ambassades brulées. Juste une réaction violente de la justice Luxembourgeoise. A nous citoyens européens de réagir !
Je vous propose la reprise du communiqué de soutien. Un appel de Denis Robert, daté d’hier disponible.
COMMUNIQUE DE SOUTIEN :
Il s’est passé le 27 janvier 2006 un événement important rapporté ici ou là par une brève d’agence : l’inculpation de Denis Robert par la justice luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation.
Pour comprendre l’enjeu de cet acte, il faut faire un peu d’histoire.
En 1996, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève en faveur d’un espace judicaire européen. Dans la foulée, de nombreux témoins de la criminalité en col blanc entrent en contact avec le journaliste. L’un d’eux, Ernest Backes, est un ancien dirigeant de la chambre de compensation Clearstream, un des points névralgiques des échanges financiers mondiaux. Ernest Backes a été l’un des architectes de ce système informatique tentaculaire. Viré, humilié, il a décidé de livrer ses secrets. Pendant deux ans, au prix d’incessants allers et retours au Luxembourg, Denis Robert mène l’enquête. On lui donne des rendez-vous secrets ; les bouches s’ouvrent. Un ancien responsable informatique de la firme, Régis Hempel, explique qu’une partie de ses activités auraient consisté à effacer les traces de transactions sensibles. Denis Robert frappe à la porte des banquiers, posant des questions naïves et d’autres un peu moins. Trois mois avant la publication de son livre, il envoie une série de lettres recommandées de plusieurs pages, demandant des explications à la direction de Clearstream et aux banques mises en cause. Très peu lui répondent.
En février 2001, Denis Robert sort son livre, Révélation$ et diffuse son film Les dissimulateurs dans le cadre de 90 MINUTES, l’émission d’enquête de CANAL+. C’est la tempête. Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres hésitent car Clearstream menace de procès en cascade. A contre-courant, la mission parlementaire Peillon/Montebourg se saisit de l’affaire et convoque les témoins. De peur que l’affaire se propage à l’étranger, une information judicaire est ouverte en catastrophe au Luxembourg. Toute la direction de la firme est mise à pied et Clearstream est racheté par un groupe allemand. Un mois plus tard, le procureur du Luxembourg claironne que tout est réglé et qu’il n’y a rien à chercher. De cette tragi-comédie, Denis Robert tire un second récit, plus personnel, La boîte noire. Et un second film, toujours diffusé par CANAL+, L’affaire Clearstream.
Fin du premier acte et début du marathon judiciaire. Les plaintes pleuvent en France, en Belgique, en Suisse, et même au Canada. Déposées par Clearstream mais aussi par la banque russe Menatep et la Banque Générale du Luxembourg. L’auteur reçoit les huissiers à la file. L’éditeur fait ses comptes : les demandes de dommages et intérêts dépassent son chiffre d’affaires annuel. Le service juridique de CANAL+ se lance dans de coûteux procès. Parfois David gagne contre Goliath. Au fil des mois, les relaxes se succèdent en première instance et en appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procédures pendantes, toutes les deux en appel : l’une après un jugement favorable à Clearstream (un euro symbolique), l’autre défavorable à la firme (relaxe de Denis Robert). L’affaire semble close, malgré une troublante excroissance, durant l’été 2004, lorsqu’un corbeau affole les milieux de la défense et de la politique avec des listings truqués de Clearstream où apparaissent des élus et des responsables industriels et médiatique.
L’histoire de Denis Robert devient effrayante lorsque, cinq ans après la parution de Révélation$, le journaliste est subitement convoqué par la Justice luxembourgeoise pour être inculpé pour des faits (en l’occurrence des accusations contre la Banque Générale du Luxembourg) pour lesquels il a déjà été poursuivi en France et pour lesquels il a gagné ses procès en première instance et en appel. Ces procédures n’ayant pas eu l’effet escompté, les juges du Grand-Duché ont accepté de se prêter à une manœuvre peu honorable. Denis Robert risque une peine de prison, agrémentée de frais d’avocat et une amende aux proportions luxembourgeoises. Par une ironie du destin c’est justement l’espace judicaire européen qu’il a contribué à établir avec l’Appel de Genève qui permet aujourd’hui à la justice luxembourgeoise d’essayer d’écraser un auteur ayant publié un livre en France.
Dans cette affaire, le Luxembourg - dont le ministre de la Justice est aussi... ministre du Trésor et du Budget - vient de commettre le pas de trop, en affichant sa partialité. Les citoyens européens peuvent soutenir Denis Robert en signant une pétition (disponible sur le site des Arènes ou de Liberté d’Informer). Pétition qui sera adressée à la Justice de ce pays qui fait tant pour dégoûter les démocrates de croire en l’Europe. En transformant l’affaire Robert en affaire Frieden (le fameux ministre luxembourgeois de la Justice, du Trésor et du Budget), chaque signature sera un acte civique qui protège la liberté de la presse en Europe.
En poursuivant Denis Robert les autorités luxembourgeoises ne veulent pas seulement protéger Clearstream qui affiche une santé insolente. Ils cherchent à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir comment fonctionne le système financier et la toile d’araignée des paradis fiscaux. En cela, le Luxembourg a vraiment prononcé l’inculpation de trop.
Laurent Beccaria, directeur des Arènes
Franck Eskenazi, directeur de The Factory
Paul Moreira, responsable de 90 MINUTES sur CANAL+
Nous citoyens européens soutenons Denis Robert et condamnons l’acharnement des autorités judicaires luxembourgeoises, à son encontre. La liberté de penser et d’écrire est une valeur européenne fondamentale qui prime sur les intérêts bancaires du Grand-Duché. ("Soutien à Denis Robert" dans l’objet + Nom, Prénom, Qualité, Nationalité)
Pour signer la pétition pour soutenir Denis Robert : http://www.liberte-dinformer.info/


Toi qui a de nombreux contatcs dans la presse radio et télé nationale, peut-être pourrais tu convaincre l'un ou l'autre (à France Inter, Rebecca, Mermet...) d'évoquer le cas de Denis Robert. Triste que nos journaux quotidiens n'en parlent pas... Manifestement sont en décalage avec l'actualité qui touche les citoyens actifs (parmi lesquels quelques journalistes). Heureusement, il y a les blogs
TCHO !
Rédigé par: philippe gammaire | dimanche 12 février 2006 à 15:27
Ca donne envie de voir les 2 reportages...Tu peux les mettre à télécharger sur le blog ? Ou donner une autre adresse de téléchargement (FTP) ?
Rédigé par: Emma | dimanche 12 février 2006 à 20:51
Concernant la liberté d'informer, il me semble qu'il y a un danger plus grand qui risque de poindre à l'horizon, celui des moteurs de recherche qui livrent des informations ou bien qui brident la circulation de l'information.
J'en veux pour preuve le cas de Google et Yahoo, les deux mastodontes de la recherche sur internet ont démontré qu'après avoir surfé sur la grande vague de la liberté pour gonfler à l'excès leurs comptes en banque, où ils plaçaient désormais cette valeur fondamentale.
Le premier nommé a, à la demande des autorités chinoises, retirer de ses critères de recherche des termes "subversifs" empêchant ainsi aux internautes chinois à des sujets qui "fachent".
Le second nommé a fait encore mieux en livrant aux autorités chinoises des informations sur deux internautes qui les auraient conduits en prison.
En extrapolant vous imaginez en 1940?
Et puis, qui me dis aujourd'hui que les deux moteurs ne procèdent pas de la même manière chez nous? D'aucun m'accuseront de paranoïa aïgue, mais allez savoir...
En tout état de cause il est peut-être temps de rappeler à ces deux sociétés que l'on ne bafoue pas la liberté impunément, en les boycottant et en utilisant d'autres moteurs de recherche.
Rédigé par: Didier Hornbeck | lundi 13 février 2006 à 09:15
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Salut man,
Une idée de (génie ???) pourquoi tu demandes
pas de l'aide à MADAME CHIRAC...il me semble
qu'elle t'a " à la bonne" non ?
Connerie à part, je file signer la pétition !
Bonne continuation man ...
Tonton Ravachol
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Rédigé par: tonton ravachol | lundi 13 février 2006 à 15:35
D'accord pour les deux moteurs de recherche. Je suis pour Mozilla pour contrer les deux big brothers
Rédigé par: Emma | mardi 14 février 2006 à 09:30
bon papier de pierre siankowski dans les inrocks de ce jour (n° 533) sur la "domination du monde" éd. julliard
tout mon soutien avec denis robert
Rédigé par: celia | mercredi 15 février 2006 à 11:59
Le mécanisme des chambres de compensation, comme celui des banques centrales, est un des points fondamentaux pour comprendre le fonctionnement REEL de l'économie, et principalement la création monétaire. Denis Robert est le seul à en avoir parlé et à avoir eu une audience. Tous les autres, journalistes, économistes, politiques, répètent des boniments sur "la croissance qui réduira les déficits". C'est le contraire : pour mesurer une croissance, il faut augmenter les transactions, soit accroitre le volume de monnaie en circulation. C'est-à-dire s'endetter. Les banques peuvent acheter le monde et Denis Robert ne devait pas parler.
Rédigé par: Narmer | lundi 20 février 2006 à 15:59
je soutiens Denis Robert de toutes mes forces, et par là même la liberté d'expression, qui dans un monde dominé par l'argent et la peur, devient de plus en plus contesté...
Hop, je vais de ce pas signer la pétition...
Rédigé par: Léo | mercredi 22 février 2006 à 12:51
J'apporte mon soutien sans réserve à Denis Robert qui a eu le courage de lever un gros gibier et dans ce contexte on comprend que les médias soient si timorés.
Rédigé par: bertaina armand | samedi 04 mars 2006 à 19:23
j'apporte mon soutien sans réserve à Denis Robert qui a eu le courage de lever un gros gibier. Dans ce contexte on comprend que les médias soient si timorés
Rédigé par: bertaina armand | samedi 04 mars 2006 à 19:26
Si seulement je pouvais faire plus que siplement signer une pétition...
Mais que faire ?
Je ne sais...
Alors je me dis que signer c'est mieux que rien et que l'on combat sainement les injutices à petits pas. Mais je me ments peut-être à moi-même que de penser que ça suffira.
Rédigé par: pierrem | mardi 03 octobre 2006 à 16:08